Démarche

26/01/2017

Ici, ici le labyrinthe épuise, nous tenons notre oeil dans le dédale de langue. Nous cherchons l’air.

Un corps de parole s’est enfoncé dans la parole et nous avec nos mains. Nous pensions peut être tenir .

Le nid est un nid, un corps couvert de paupière nous regardons faire ce que corps est et ce que corps sera.

Dans le regard la langue vient de s’ouvrir.

Un temps nous nous regardions, un temps nous serrions des bouts de terre dans la salive, un temps dans les bois, les branches ont ouvert l’abîme du jour. Un temps et c’est cette langue là, qui vient renverser la terre.

Langue est ce qui est.

La main travaille à la main.

La main travaille à la main.

La main travaille à la main.

Et tu passes d’une langue à une autre, ignorant la coulure de ton oeil, la tête lourde, tu portes encore tes vêtement d’hier.

17/11/2016

Toujours tisser faire un drap des langues, la repriser puis l’étendre dans de grands voilages que l’on porte pour les hommes, toujours faire un corps, un habit pour la parole, dire est dans des grands hommes de verre, dire lorsque des hommes crachent l’encre. Faire avec ses mains, faire, répéter les mêmes gestes, inlassablement. Repriser la langue, en faire de grands manteaux inquiets pour le soir et l’hiver.

Chercher le temps dans le tissage, de petites mains travaillent à de petits mots, de petites mains travaillent à de petits mots mais avancent en tas, en tout. C’est presque un voir lorsque tu prononces le mot paysage. Je ne porte rien, je passe de terre en terre, et l’oeil accueille encore des restes de ruines. Si ton œil fait cela, c’est sans doute qu’un monde refleurie dans la poussière vacante, et qu’il ronfle sous ta paupière.

Alors oui le temps est une portée, un état, une peau, que l’on habille le jour avec de grand mot, jeté au bout des lèvres.

Si tu apportes ton regard, le paysage ne s’effacera pas à la lueur de ton crâne. Si tu apportes tes regards, peut être un monde coulera dans ta mâchoire.

Moi même je n’apporte rien.

Dire n’est plus un faire, c’est un corps ramassé que l’on offre à sa paupière.

C’est maintenant dans une voix que l’on étouffe que traversent les nuages.

Répéter l’errance c’est laisser croire qu’il y avait un exil dans sa propre enfance.

Toujours imaginer la parole comme un ventre, un organe digérant le jour et le maintenant.

Ne dire rien, ne rien dire, laisser pousser, faire des mots, les inventer à l’orée de tas de terres.

Toujours une vision souterraine du monde, la beauté est une langue sur cette vue.

Peut être y a t’il un corps que l’on cherche dans des labyrinthes de bave.

Je m’imagine chaque matin traverser un champs dans sa trajectoire la plus incongrue, chaque matin faire le même trajet, fouler la même terre qui se ramasserait sur elle même sous mes pieds de 8h30. Infléchir un sillon.

C’est terre cette voix que l’on regarde.

Un homme tisse ta langue, prépare à tout va, se précipite dans son mirage.

Je peux te dire, te donner ma parole,de la même façon que certains hommes laissent leurs offrandes au front des temples. Te donner en y espérant la grâce de mes jours.

Ainsi peut être n’ai je rien à dire à ce muet, à ce corps qui tremble de son propre regard.

Peut être laissera tu ma langue se découdre par tes mains, qu’elle quitte le peu.

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